Forfanteries d'Olivier Coyette

Mise en scène : Gaëlle Héraut

FORFANTERIE : caractère d’une personne qui fait montre d’une impudente vantardise : charlatanisme, hâblerie. Action, parole de fanfaron, de vantard.
Contr. : modestie, naturel.

Note de mise en scène :

Ce qui nous semble important aujourd'hui en fabriquant notre art, en l'ayant ressenti aussi de nombreuses fois en tant que spectateurs, c'est que le théâtre ne peut pas exister sans public. Cette idée peut sembler évidente, mais elle ne l'est pas. Combien souvent aujourd'hui allons-nous de fois au théâtre et avons-nous le sentiment que tout ça pourrait se passer sans nous et que nous pourrions sortir boire un café, tout continuerait pareillement ? Nous n'avons pas envie d'être au plateau juste pour y être, sans sentir avec qui nous partageons, à qui nous donnons, qui est là et nous donne. Cette pièce encore moins qu'une autre ne peut être mise en scène dans l'ignorance du spectateur.
Et alors, quelle histoire et quelle joie que ce soit en démystifiant et en offrant justement tout ce que nous, acteurs, traversons pour tenter de le vivre chaque soir.
Au contraire de ce qu'indique le titre, tout consiste à travailler sur le naturel, la sincérité, le spontané. Que la vie nous porte à être dans le jeu ! La pièce d’Olivier Coyette est écrite de manière très rythmique, construite en plusieurs scènes qui se succèdent, se chevauchent, se bousculent…
Un plateau toujours en mouvement pour une mise en abyme de la parole dans laquelle, un roi rencontre un acteur en train de se préparer à jouer une autre pièce, lui-même à la rencontre du public, tombant dans un trou, un trou de mémoire… Une tempête éclate, et avec la complicité de Shakespeare, trois acteurs en sortent, peut-être pas indemnes, comme on sort de répétitions, avec tout ce que cela contient de passions, de fureurs et de joies, comme dans la vie, quand on la réveille… et que la vie ne glisse pas sur nous, que nous ne sommes pas à côté, trop à côté, à ne plus être fous de vivre…

Olivier Coyette

Né à Bruxelles en 1975, diplômé du Premier prix de déclamation du Conservatoire de Bruxelles et titulaire d’un DEA en études théâtrales de l’Université de Paris III- Sorbonne Nouvelle, Olivier Coyette a également terminé des formations en lettres et en anthropologie.
Lauréat de la fondation belge de la vocation en 1999 et finaliste du prix Jacques Huisman en 2003, il a été deux fois boursier de la Communauté française de Belgique pour l’écriture dramatique. Il a séjourné deux fois en résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lez- Avignon, en 1999 et en 2004, où il a notamment écrit Forfanteries. Il est aussi metteur en scène et comédien.

Bibliographie

Héritage du départ (2004)
Les animaux (2004)
Vie et mort de Ritournella Duncan (2004)
Trachées (2003)
Les passantes (2003)
La course en tête (2003)
Endurance (2003)
Bonheur ! (2003)
Où l’on fait des couteaux (2003)
Des plâtres qu’on essuie (2002)
L’évanouie (2000)
Forfanteries (2000)
La semaine feinte (1999)
Court-circuit (1998)

Lettre aux amis de l’Aronde

"Quel plus grand plaisir, pour un auteur, que de voir ses textes circuler, et que d’autres s’en emparent ? J’ai cette chance avec FORFANTERIES, que L’Aronde va créer en France – comme je l’espère !

(…) J’ai essayé de monter cette pièce en Belgique. Nul n’en a voulu. Les raisons invoquées par les directeurs : cette pièce n’intéressera que les "gens de théâtre" ! Les raisons invoquées par les comédiens qui ont refusé de jouer cette pièce : "Cette pièce nous attaque, ne défend pas notre profession. Nous refusons de participer à cela, de défendre ce propos qui nous dessert."

Enfin Patrick Descamps, comédien, directeur du Théâtre de l’Ancre, à Charleroi, trente ans de métier, dit "oui". (…) Ce qui m’a touché, dans sa réaction lorsque nous sommes venus lui lire la pièce, c’est qu’il a compris que derrière la comédie se trouvait la volonté de faire mieux connaître notre métier aux gens. Car c’est un métier, un vrai métier, et les spectateurs en général ne le savent pas ; ou plus exactement, ils ont du mal à identifier en quoi consiste ce métier.

Les spectateurs ne s’y sont pas trompés, et ils ont tout d’abord apprécié de voir les "coulisses" du métier, et ensuite ils se sont retrouvés eux, bien plus souvent que nous ne l’avions prévu, dans les situations qui donnent à voir les rapports de force en général, dans le monde du travail, de l’entreprise, de l’enseignement. Les spectateurs ont fait le parallèle, ils y ont trouvé leur compte. Faisons-leur confiance !

Nous avons ensuite joué la pièce pendant deux mois à Bruxelles. Là aussi, réactions extrêmement chaleureuses des gens. Et des rires, tous les soirs ! Que ça fait du bien de rire, et de faire rire… Baptiste. J’ai été contaminé un soir par une dame qui ne "pouvait plus se ravoir", au deuxième rang, et dès que j’essayais d’ébaucher le début d’un commencement de réaction (muette, comme il se doit pour Baptiste), elle repartait de plus belle ! Et elle m’a entraîné avec elle dans son fou rire. La salle a applaudi, contaminée elle aussi (…) parmi les grandes joies que m’a procurées le spectacle FORFANTERIES, l’une des plus surprenantes fut de vivre ces moments d’intense émotion, surgis de façon inattendue, en communion avec le public. Oh comme je vous en souhaite, à vous aussi ! Bonne route."

Olivier Novembre 2006

L'Equipe

Gaëlle Héraut – metteur en scène et comédienne
Alice Millet-Dussin – Comédienne
Anthony Le Foll – Comédien
Arnaud Stéphan – Comédien
Cédric Zimmerlin – Comédien
Jean Gilbert-Capietto – Scénographe
Gweltaz Chauviré – Éclairagiste
Pierre Guisnel – Régisseur général
Lorinne Florange – Administratrice

Production

Une Coproduction : Cie L’Aronde / Théâtre de la Paillette (35) / Direction des Affaires Culturelles de Morsang-sur-Orge (91). Avec le soutien de : La DRAC Bretagne, La Ville de Rennes, Le Théâtre National de Bretagne, Théâtre de l'ADEC et Le Théâtre des Lucioles.