Arnaud Stephan – Comédien

Arnaud Stephan ComédienNé le 08 Octobre 1978 à Quimper, il s'installe en 1996 à Rennes où il exerce toujours aujourd'hui, pour étudier les Arts Plastiques et Arts du Spectacle sous la houlette de Bruno Tackels, qui sera à l'origine de son intérêt pour un théâtre proche des écritures de plateau. Il y rencontrera aussi l'auteur Roland Fichet et Annie Lucas de Folle Pensée, qui l'initieront au texte contemporain.

Parallèlement à ses propres installations-performances et à ses expériences proches du milieu de la danse contemporaine avec -notamment- Alexandra Vincens et Dominique Jégou, il collabore durant plusieurs années avec Benoît Gasnier au sein du Théâtre à l'Envers. Ils créent « Chimère et autres bestioles… » de Didier-Georges Gabily; « Là, installation vivante pour spectateur unique » au Festival Mettre en Scène(2001) qui tournera cinq années avec l'appui de l'O.N.D.A. en passant par la Rose des Vents et La Ferme du Buisson; puis en partenariat avec le Campement Dromesko et le C.N.D.P., en 2003, une série d'expositions spectacles intitulée: « Regards Premiers », sous la direction de Laurent Le Bon, commissaire général et dans une scénographie de Patrick Bouchain.

Cette même année, il entre en formation à l'Ecole Supérieure d'Art Dramatique du Théâtre National de Bretagne, dirigée par Stanislas Nordey. Il y rencontre notamment Claude Régy, Robert Cantarella, Hubert Colas, Anton Kouznetsov, Arnaud Meunier, Bruno Meyssat, Jean-François Sivadier, Loïc Touzé, Serge Tranvouez, Marie Vayssière, Nadia Vonderheyden, Martine-Joséphine Thomas, Latifa Laâbissi… Durant cette période il joue dans plusieurs spectacles dont: « Pit-Bull » de Lionel Spycher, mis en scène par Mohand Azzoug et « Splendid's » de Jean Genêt, monté par Cédric Gourmelon, présenté au Quartz(Brest) et au Festival Mettre en scène(2005).

De l'Ecole, il retiendra comme décisives les rencontres avec Claude Régy, Jean-François Sivadier et Stanislas Nordey, qui poussent l'acteur à développer sa « maladie singulière », à élargir son horizon et Claire- Ingrid Cottanceau, chez qui il reconnaît un rapport conjoint au plateau et à l'oeuvre plastique. Après sa formation il travaille à la fois en tant qu'acteur auprès de metteurs en scènes comme Christian Colin qui le dirige dans « La Double Inconstance » de Marivaux créé au Palais de Chaillot avec Grégoire Colin, Isild Le Besco et Audrey Bonnet; Stanislas Nordey dans « Peanuts » de Fausto Paravidino, joué au Festival Mettre en scène(2006) puis à Théâtre Ouvert; Pascal Kirsch dans « Mensch » d'après Woyzeck de Georg Büchner, créé à l'Odéon dans le cadre du Festival Berthier 07.

Et aux côtés d'Alexandra Vincens, Louison Pochat et Frédéric Richard, il revient à une pratique performative questionnant la représentation (et la mémoire). Ils réalisent « Agatha » de Marguerite Duras, joué une unique fois au Manoir de Tizé à Rennes sans répétition préalable. Performance théâtrale. Dans le prolongement de sa rencontre avec Bruno Meyssat à l'Ecole du T.N.B. ils tissent des liens étroits qui le mènent à participer à de nombreux ateliers de recherche: « Etirements », « Jardinages »… Questionnant l'artiste-interprète sur son rapport à l'inconscient, la mémoire et les objets, à leur mémoire propre.

Suite à cette collaboration, celui-ci le dirige aux côtés de Gaël Baron Elisabeth Moreau et Elisabeth Doll dans « Forces 1915-2008 » d'August Stramm et « La cime des arbres », créés à la MC2 Grenoble et au Théâtre National de La Colline en 2008.

Il travaille actuellement aux côtés de Virginie Volmann, Jean-Jacques Simonian, Laure Wolf… avec Nadia Xerri-L., auteur et metteur en scène parisienne, sur « Couteau de Nuit », création de La Comédie de Reims, au Théâtre de la Ville(Les Abbesses) à l'automne et en tournée jusqu'en Mars 2009, ainsi qu'avec Gianni-Grégory Fornet, Régine Chopinot et Nicolas Richard pour « Flûte!!! », qui sera créé au Théâtre National de Bordeaux-Aquitaine au printemps 2009.

De ce parcours sur le fil du rasoir, entre théâtre et arts plastiques, entre artiste-interprète et plasticien-performer, Arnaud Stéphan cherche à conserver sa liberté d'analyse et la capacité de considérer l'écart comme une puissance de questionnement. Questionner la mémoire, la présence et la communauté à travers le temps et la trace, ce qu'il nomme: « le récit », en tant qu'il signifie à la fois dramatiquement « narration(détaillée) de ce qui s'est passé » et étymologiquement « lecture(polysémique) à voix haute ».